L’une des choses les plus difficiles à percevoir et à comprendre est bien la souffrance de votre animal de compagnie. Quand nous sommes confrontés à la souffrance de notre animal bien aimé, qu’il soit blessé ou malade, il nous est très difficile de savoir exactement de quoi il retourne. Certains gardiens amplifient le niveau de souffrance alors que leur animal mange, joue et se déplace parce qu’ils interprètent la situation à travers leurs propres émotions. Ces personnes sont souvent terrifiées face à la maladie ou la perte éventuelle de leur animal.

J’ai pu observer que certains gardiens cherchent à appliquer toutes sortes de traitements et de remèdes sur leurs animaux ou bien ils les emmènent de vétérinaire en vétérinaire et changent régulièrement de traitements allopathiques ou alternatifs. Tous les jours ils se répètent que leur animal est sur le point de mourir. A force de nourrir ces pensées, Ils plongent dans un état d’anxiété profonde car ils se préparent sans cesse à affronter le gouffre : leur vie sans la présence de leur animal chéri, sans amour.

D’autres personnes en revanche ne savent ni discerner ni juger le degré de souffrance de leur animal de compagnie qui est en fin de vie. Souvent, un animal mourant fera un effort pour cacher son état véritable. Ceci est lié à l’instinct de survie car dans la nature, un animal faible met en danger le reste des membres du groupe. Parfois, c’est seulement quand le degré de douleur sera très élevé que l’animal va vraiment laisser paraître ce qu’il ressent réellement. Ces gardiens ont la même peur panique de la vieillesse, de la maladie, de la perte et de la mort. En revanche, cette peur est exprimée de façon différente car ils se voilent la face par refus d’accepter la réalité de la situation.

Voici des exemples de cas que j’ai pu voir:

Un chien, Billy, a une grosse tumeur dans la bouche qui déforme sa joue et affecte son œil. Pourtant, il semble mener sa vie tout à fait normalement. Sa gardienne, Marie, m’assure qu’il ne souffre pas: «Billy vit normalement, il mange et il fait ses promenades». Marie a été consulter une communicatrice qui lui confire que son chien ne souffre pas. Marie se persuade donc que Billy va bien et elle évite d’aller chez le vétérinaire (peur, coût, horaires, etc.).
Je me penche sur le cas de Billy et je perçois qu’il est quand même en souffrance. De plus, il a du mal à manger. Je perçois cette souffrance comme une fréquence qui vibre anormalement. Elle me perce en quelque sorte mais ne m’appartient pas. J’en conclus que Billy souffre parce que je peux reconnaître sa douleur. Lui et moi nous sommes un, même si nous sommes des êtres uniques et différents.

Nous sommes tous capables de ressentir la douleur d’un autre être sentient. Pour cela, il faut pratiquer souvent pour devenir un canal clair, sans a priori, sans jugements et sans interprétations.
Si je n’arrive pas à ressentir, je peux tout simplement utiliser mon bon sens: par exemple, si cette tumeur est aussi grosse que l’œil de Billy en est tout déformé, il y a quand même une forme de souffrance même s’il semble mener sa vie normalement. Dans le cas de Billy, je suis très surprise de voir qu’il n’a aucun traitement médical: j’insiste donc pour une visite chez le vétérinaire. Malgré toutes leurs bonnes intentions et leur amour pour lui, certains gardiens n’ont pas su «lire» correctement la situation. Dans ce type de cas, je recommande vivement aux gardiens d’accéder à leur intuition profonde et d’utiliser leur bon sens.

Y a-t-il besoin d’une euthanasie pour Billy?
Peut-être ne faut-il pas envisager une euthanasie immédiate (chaque cas est particulier); en revanche, il faut absolument qu’un traitement médical soit prescrit contre la souffrance. L’euthanasie sera sûrement nécessaire, avant que le gardien ne le souhaite, afin éviter une trop grande souffrance. La gardienne de Billy semble surprise par ces propos car son chien se porte bien, lui semble-t-il.

Va-t-elle emmener Billy chez le vétérinaire?
Le vétérinaire, quant à lui, étudie le cas cliniquement et détermine objectivement si l’animal souffre ou non. En général, il a tout à fait raison. Le vétérinaire procède par observation et déduction grâce à sa connaissance médicale, son expérience et sûrement aussi grâce à une grande part d’intuition. Bien entendu, chaque vétérinaire est différent. Le vétérinaire aura souvent une observation clinique très précise mais parfois il se ferme à sa propre empathie pour se protéger lui-même de la souffrance. De ce fait, il ne ressentira pas toujours l’état exact de l’animal.

Il faut aussi prendre en compte la relation émotionnelle avec le gardien et la façon dont il appréhende le départ d’un animal vers l’autre côté.
La communication animale, bien faite, sans interprétations et sans projections émotionnelles, est tellement importante et doit être développée pour toutes personnes côtoyant des animaux ou travaillant avec eux. Nous pouvons ainsi ressentir plus exactement ce qu’il en est et pratiquer le discernement. C’est en ayant conscience des symptômes physiques, de l’état émotionnel et mental à l’intérieur de soi-même que l’on peut savoir quelle est la véritable situation et prendre une décision en conséquence. Bien entendu, nous pouvons tous faire des erreurs, gardiens et vétérinaires, et ne pas lire la situation correctement. En travaillant la communication animale en profondeur, nous pouvons ouvrir nos centres de perception pour nous rapprocher un peu plus de la vérité (de l’animal), bien que celle-ci soit toujours filtrée par notre mental d’être humain.

Un autre cas: Hidalgo, un cheval âgé qui avait très mal aux pieds et qui était presque toujours couché. Il se levait pourtant chaque matin, clairement pour faire plaisir à sa gardienne. Le vétérinaire voulait absolument l’euthanasier, la gardienne, non. Hidalgo était pourtant en grande souffrance. Peut-être Hidalgo attend-il que sa gardienne soit prête avant de partir ? Il faut pourtant mesurer ces propos: d’un côté il ne faut surtout pas laisser un animal en grande souffrance et de l’autre il faut aussi chercher à respecter le désir profond d’un être sensible.

L’euthanasie n’est pas une mise à mort mais un acte de délivrance et un geste de compassion.

Pour tous ceux qui ont un animal, il se posera toujours à un moment la question de l’euthanasie sauf si votre animal meurt par accident par exemple. Il faut vraiment apprendre à ressentir à l’intérieur de votre cœur ce qu’il faut faire car personne ne pourra vous dire exactement la marche à suivre, ni le vétérinaire, ni le communicateur.

Si nous pouvions être capables de savoir que le corps physique bien-aimé de notre animal est pour lui un habit qu’il enlève pour en prendre un autre, cela nous aiderait dans cette décision si difficile.

Les feuilles de l’arbre tombent mais les racines restent. Car l’essence même, l’être de lumière qu’est votre animal existera toujours à travers l’éternité, le lien d’amour entre vous est indestructible, il perdurera à travers les temps.

Dans le vaste univers de votre petit cœur, il y a toute cette la connaissance et la vérité.
Il faut juste apprendre à l’écouter.

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