Apprenez à écouter et à comprendre vos chevaux

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Apprenez à écouter et à comprendre vos chevaux

novembre 5, 2016
Serge Sergio
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Laila del Monte est une specialiste de a communicaton animale. Elle travaille avec des éleveurs, des entraîneurs, des cavaliers professionnels, des propriétaires, des veterinaires… pour les aider à mieux comprendre les
chevaux. Que ressort-il de ces échanges avec les équides? Réponses…

 

Vous communiquez avec beaucoup de chevaux, qu’avez-vous découvert au fil de ces années sur leurs besoins ou leurs attentes envers nous?

J’ai travaillé avec tous tvpes de chevaux: qui sont au pré, en box, montés par des amateurs, par des cavaliers de haut niveau, sortis en balade, en concours… Il n’est pas possible de généraliser. Il ne faut pas penser que les
chevaux ont des attentes, ils vivent les choses voire les subissent. C’est nous qui devons faire le pas pour le comprendre. Maîs il y a une chose qui s’applique à l’ensemble des équidés je trouve, c’est la nécessité des compréhension. Il y a un manque de compréhension de la part des gardiens ou «propriétaires» qui entraîne souvent des erreurs ou du mal-être chez le cheval. La problématique la plus répandue c’est que le cavalier, le «proprietaire» ou le gardien -peu importe le mot que vous employez- a souvent des difficultés pour comprendre son cheval et ne sait pas toujours ce dont il a besoin.

Nous n’apprenons pas vraiment à les écouter, à les comprendre?

Oui, il y a souvent (mais pas toujours) un manque de compréhension. Ce n’est pas parce qu’on aime énormément son cheval qu’on l’écoute, qu’on le comprend et qu’on connaît ses besoins. Malheureusement, de nombreux problèmes de santé viennent de ce manque de compréhension, car souvent nous ne respectons pas les conditions de vie et de travail qui correspondent à la nature du cheval. Ces problèmes découlent d’un tropplein de stress, d’une alimentation inadaptée, de l’enfermement au box, d’un travail trop dur ou trop intense ponctuellement, d’un mauvais materiel, d’un travail dans le mauvais sens car nous ne faisons pas les bons gestes en selle…

Comment faire alors pour améliorer son bien-étre?

Premièrement, il tant connaitre ses besoins simples. Pas juste ce qu’il a dans la tête maîs aussi ce dont son corps à besoin. Pour cela, il faut se renseigner, lire, rencontrer des personnes expérimentées, des professionnels. Selon moi, l’enfermement au box est le plus gros souci, car le cheval n’a pas la possibilité de bouger, la circulation sanguine est moins bonne et un stress résulte de cet enfermement. Beaucoup de soucis physiques sont dus à cela. L’alimentation aussi devrait être plus proche de celle dans la nature, c’est-à-dire manger du foin et de l’herbe ou bien, pour les chevaux au travail, des floconnés plutôt que des granulés. Malheureusement, la plupart des granulés sont compressés avec dcs produits chimiqués. La vie en troupeau est trés importante car les chevaux sont connectés entre eux et ont besoin de ces interactions. Bien sûr, rien n’est naturel dans les conditions de vie que nous offrons à nos chevaux aujourd’hui, mais nous pouvons au moins nous en approcher.
Chacun doit se renseigner et prendre une décision sur ce qu’il veut offrir à son cheval.

CHACUN À SON NIVEAU PEUT PRENDRE LA DÉCISION DE RESPECTER SUN CHEVAL

Par exemple, concernant les pieds, j’ai rencontré des maréchaux, des pareurs naturels, je me suis intéressée, j’ai écouté, appris el je me suis fait ma propre opinion. En tant que gardien de nos chevaux, nous avons cette responsabilité. Utilisez votre raisonnement. Ce qu’on vous dit vous parait-il logique? Argumenté? Nous oublions souvent le bon sens. Il existe de bons et de mauvais  professionnels. Ecoutez, renseignez-vous, découvrez, posez des questions…
Deuxièmement, je conseille de faire des stages ou d’aller à la rencontre des gens extraordinaires qui existent partout dans le monde et qui peuvent vous aider à mieux comprendre les chevaux, à les écouter, à les connaitre, à créer une connexion avec eux. à améliorer votre relation. Cela peut étre un comportementaliste, une personne qui fait de la communication animale, un instructeur… Là aussi, faites des recherches et suivez votre bon sens, pour vous entourer des bonnes personnes.
Troisièmement, il peut étre intéressant de travailler sur nous. Car il se peut que nous ayons des croyances, des émotions que nous projetons sur notre cheval. Par exemple, je me souviens de ce cavalier dont le cheval s’arrêtait devant les obstacles. J’ai découvert que cet homme se mettait une grande pression, depuis l’enfance, pour prouver à son père qu’il était capable. Et cette pression, il la
transférait à son cheval. Posez-vous des questions: comment je fonctionne? Est-ce que le stress de mon cheval peut venir de moi? Ai-je des choses à prouver? Ai-je trop peur de l’èchec? Suis-je capable de faire confiance aux humains et donc aux chevaux?
Ce n’est pas toujours le cas, certaines problématiques v sont liées uniquement au cheval, peut-étre à son passé ou des traumatismes comme le débourrage trop stressant ou mal fait, les ventes successives, les séparations ou la maltraitance. Maîs il est toujours intéressant de se poser la question. Même s’il n’est pas toujours facile justement de se remettre en question. Je vois ça énormément pour les concours de petit ou moyen niveau: le stress est tel, le cavalier veut tellement bien faire, prouver quelque chose, ne pas échouer, qu’il travaille son cheval trop durement, ne l’écoute pas, lui met la pression également…

Devrions-nous laisser notre cheval au pré, juste vivre avec ses congénères?

Quand le cheval est en liberté, il a des interactions avec le troupeau, il se déplace, il traverse des rivières, des montagnes… Le groupe peut se faire attaquer par des animaux sauvages, doit faire face à des changements climatiques, il doit se déplacer pour trouver plus de nourriture ou de nouveaux lieux. De cette façon, les chevaux vivent de nombreuses expériences. Vivre au pré, c’est mieux qu’en box, mais limité par rapport à un contexte en liberté et ça peut parfois ne pas suffire. Pour le travail, les chevaux peuvent vraiment prendre plaisir à collaborer avec nous. Mais il faut que ce soit fait dans de bonnes conditions. Je ne suis pas contre les concours, par exemple. Je pense qu’il faudrait changer la manière de les organiser pour davantage respecter le cheval, et qu’il n’y ait pas de tels enjeux financiers. Maîs chacun à son niveau peut prendre la décision dc respecter son cheval: s’il n’est pas bien, je lui laisse une période de convalescence et j’annule le concours. Je le prépare en amont et correctement, pour que nous ayons vraiment une connexion et qu’il soit prét physiquement. Je fais attention á sa fatigue. Les voyages, en van, en camion et encore plus en avion, sont extrêmement
fatigants. N’êtes-vous pas fatigué quand vous faites beaucoup de transports? C’est pareil pour lui! Sans compter la pression physique et mentale (liée souvent au concours) qui vient s’ajouter ‘a cette fatigue. C’est à nous de trouver le bon équilibre, de nous adapter au mieux à ses besoins. Et c’est á nous d’avoir conscience de ces choses-là. Ce qui compte encore une fois, c’est: qu’allez-vous décider de faire pour le bien-être de votre cheval?

Que peut nous apporter la communication animale? Pouvons-nous apprendre et nous en servir pour mieux comprendre notre cheval?

Absolument et c’est ça le but! Que les «proprietaires» /gardiens puissent communiquer régulièrement avec leur animal pour connaître ses émotions, ses pensées…
Des personnes me disent pendant les stages: «le ne vai pas arriver à communiqua avec mon propre cheval car je le connais». Je leur dis: «C’est comme si mon fils qui vit en Allemagne m’appelle et que je lui réponds: « Désolée, je ne peux pas communiquer avec toi car je te connais » et que je raccroche.» La communication, c’est un rapport: on échange, on se
demande des nouvelles. C’est pareil avec un cheval. Cela nous permet de savoir comment il se sent dans cet endroit, comment il se sent avec tel vétérinaire, tel palefrenier, tel dentiste équin, avec ses copains de pré, pourquoi il a peur de ce van, si sa selle lui convient, s’il commence à avoir une douleur quelque part
(et donc déceler un souci avant une boiterie avant une colique, etc…)
Tout le monde a cet héritage et est done capable de communiquer avec les animaux. Cette faculté n’est pas développée chez tout le monde. Elle s’apprend, comme on apprend à monter à cheval. Mais il faut développer cette communication intuitive correctement, sans interprétation et sans projection. C’est le plus difficile car c’est trés facile de projeter ses
croyances, ses peurs sur ce qu’on perçoit. Grâce à des stages et à la pratique, chacun peut progresser et pourra régulièrement savoir où en est son cheval. Car c’est a nous de les comprendre, pas à eux de nous comprendre. Nous devons apprendre leur langage. Eux, ils font tout leur possible pour nous faire plaisir! Nous leur devons bien ça.

Un dernier conseil pour conclure?

Utilisez votre conscience, ne suivez pas ce qui ne vous parait pas logique. Heureusement, il y a énormément de personnes qui aiment les chevaux, qui les aident, qui cherchent à les comprendre. Rapprochez-vous de ces personnes. Et ne suivez pas aveuglément ce qu’on vous dit. Nous avons tous un coeur, nous avons tous des capacités de raisonnement. Si nous écoutons les deux, notre bon sens et notre coeur, alors c’est trés simple, nous ferons les bons choix.

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